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Les pires conseils business qu'on m'ait donnés
L'essentiel
Le pire conseil business n'est pas celui qui est faux, c'est celui qui sonne juste et que tout le monde répète. Travaillez plus dur, gardez tout en main, saisissez toutes les opportunités : trois pièges déguisés en vertus. Un bon conseil ne vous rend jamais indispensable, il vous rend remplaçable dans votre propre business.
Quand vous entreprenez, tout le monde a un avis. Votre famille. Vos amis. La personne qui a lancé un projet une fois et qui en parle encore. Les experts qui n'ont jamais rien risqué.
On vous abreuve de conseils. Et c'est précisément là le piège. Le pire conseil n'est pas celui qui est faux. C'est celui qui sonne juste, que tout le monde répète, et qui vous détourne lentement de votre cap.
J'en ai suivi quelques-uns. Ils m'ont coûté des années. Voici les trois qui m'ont le plus freiné, et ce que j'aurais dû entendre à la place.
Pourquoi les pires conseils sont ceux qui sonnent juste ?
Un conseil dangereux ne ressemble jamais à une erreur. Il ressemble à une évidence.
Il vous rassure, parce qu'il valide ce que vous faites déjà. Il vous flatte, parce qu'il récompense l'effort visible. Il vous rassemble, parce que tout le monde autour de vous le répète.
C'est exactement ce qui le rend coûteux. Un mauvais conseil évident ne se discute pas, donc on ne le corrige jamais. Vous pouvez perdre trois ans à appliquer une idée que personne, autour de vous, n'a envie de remettre en cause.
Il y a une raison simple à cela. Un conseil qui vous met à l'aise ne déclenche aucune remise en cause. Vous l'appliquez sans le tester, parce qu'il ne fait pas mal. Un conseil qui dérange, lui, vous oblige à réfléchir avant d'agir. C'est souvent le signe qu'il touche quelque chose de vrai.
Tous les conseils ne se valent pas. Certains vous rassurent. D'autres vous font grandir. Rarement les deux à la fois. Le tri commence quand vous acceptez qu'un conseil populaire puisse être mauvais pour vous.
« Travaillez plus dur » : le conseil qui creuse le trou ?
C'est le pire de tous, parce qu'il a l'air vertueux.
Travailler plus dur dans un business bien construit, c'est de la rigueur. Travailler plus dur dans un business mal construit, ce n'est pas de la rigueur. C'est creuser plus vite le trou dans lequel vous êtes.
Le nombre d'heures ne répare pas une structure bancale. Il ne fait que retarder le moment où elle cède. Vous colmatez au lieu de reconstruire, et vous vous épuisez à tenir un modèle qui n'aurait jamais dû dépendre de vous.
Le bon conseil est à l'opposé. Ne travaillez pas plus dur, construisez un système qui travaille pour vous. La question n'est pas « comment tenir soixante-dix heures », c'est « comment le business tiendrait-il sans que je sois derrière ».
« Gardez tout en main » : pourquoi le contrôle est une prison ?
On vous a vendu le contrôle comme une force. C'est une prison.
Tant que tout passe par vous, vous n'avez pas un business. Vous avez un poste que vous ne pouvez pas quitter. Vous êtes le meilleur employé d'une entreprise qui s'arrête le jour où vous vous arrêtez.
Le contrôle total rassure sur le moment. Personne ne fait aussi bien que vous, donc vous gardez la main. Mais chaque tâche que vous refusez de lâcher est une tâche qui vous attache un peu plus à votre chaise.
Le bon conseil renverse la posture. Votre rôle n'est pas de tout faire. Votre rôle est de faire en sorte que cela tourne sans vous. Vous ne pilotez pas en tenant chaque levier, vous pilotez en posant les règles qui tiennent les leviers à votre place.
« Saisissez toutes les opportunités » : l'ambition ou la dispersion ?
Empiler les opportunités, ce n'est pas une stratégie. C'est de la dispersion déguisée en ambition.
Chaque projet en plus semble une ouverture. En réalité, il divise votre attention, votre énergie et vos ressources. Vous avancez sur dix fronts, donc vous n'en tenez aucun jusqu'au bout.
L'entrepreneur qui réussit à dupliquer n'est pas celui qui dit oui partout. C'est celui qui a choisi une chose et l'a rendue solide avant de passer à la suivante. Un concept prouvé vaut mieux que cinq concepts entamés.
Le bon conseil demande du courage. Choisissez vos batailles. Chaque non assumé protège votre oui principal. La concentration n'est pas un manque d'ambition, c'est la condition pour qu'une ambition aboutisse.
Le seul filtre qui trie les bons conseils des mauvais
Quand j'ai développé BODYHIT, j'aurais pu écouter ceux qui me disaient de tout garder en main. De zéro à plus de 120 centres en cinq ans, cela n'arrive pas en restant l'homme-orchestre.
Cela arrive en construisant un modèle, des process, une organisation qui se duplique. La même logique fait tourner mes centres LaserOstop sans que je sois sur le pont en permanence. Le talent n'a rien à voir là-dedans. C'est le système qui fait la différence.
Un bon conseil, c'est celui qui vous rend remplaçable dans votre propre business, pas celui qui vous rend indispensable. Ce filtre suffit à trier presque tout ce qu'on vous dira.
Passez chaque conseil à cette question, avant de l'appliquer. Est-ce qu'il me rend plus central, ou plus libre ? Un conseil qui vous met au centre de tout flatte votre importance. Un conseil qui vous en sort construit votre autonomie. Le premier vous garde attaché, le second vous détache.
C'est aussi le vrai enjeu derrière le « travaillez plus dur » que l'on m'a tant répété: le nombre d'heures n'est jamais le problème, comme je l'explique dans Pourquoi vous travaillez 70h par semaine.
Alors regardez le dernier conseil que vous avez suivi. Il vous rapprochait de votre liberté, ou il vous rendait juste plus occupé ? La plupart des conseils qu'on applique nous gardent dans la roue du hamster. Le bon conseil, lui, vous montre la sortie.
Questions fréquentes
Quel est le pire conseil business que l'on donne aux entrepreneurs ?
Travailler plus dur. Il a l'air vertueux, donc personne ne le questionne. Mais travailler plus dur dans un business mal construit ne règle rien, cela creuse le trou plus vite. Le bon réflexe est inverse : construire un système qui travaille à votre place, au lieu de vous ajouter des heures.
Comment savoir si un conseil est bon pour mon business ?
Posez une seule question : ce conseil me rapproche-t-il de ma liberté, ou me rend-il juste plus occupé ? Un bon conseil vous rend remplaçable dans votre propre business. Un mauvais conseil vous rend indispensable, donc prisonnier de votre poste.
Faut-il écouter tous les conseils quand on entreprend ?
Non. Quand vous entreprenez, tout le monde a un avis : la famille, les proches, les experts qui n'ont jamais rien risqué. Le tri compte plus que la quantité. Gardez les conseils qui préparent votre autonomie, écartez ceux qui flattent votre présent.
Patrick Pinot
Co-fondateur de BODYHIT (plus de 120 studios ouverts en 5 ans) et multi-franchisé LaserOstop. Associé temporaire des dirigeants qui veulent structurer, déléguer et dupliquer leur entreprise physique, avec la méthode PPROFITS™.
